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Traduction et presse canadienne — Un état des lieux

Traduction et presse canadienne — Un état des lieux

Date: 
Vendredi, Novembre 9, 2018 - 17:00

Journée d’études
Traduction et presse canadienne : Un état des lieux
Université Concordia, 25 janvier 2019

Ancrée dans la réalité de son époque, la presse écrite représente une source d’informations précieuse pour étudier tant les évènements les plus importants que les faits mineurs. La presse, qui  joue un rôle important dans la propagation des idées et la diffusion des débats, fait souvent appel à des sources d’information étrangères et en langues étrangères. C’est le cas de la presse actuelle mais également de la presse ancienne.

Située entre la traductologie et le journalisme, la traduction dans la presse (aussi appelée « traduction journalistique » ou « traduction de nouvelles ») est considérée comme un type de traduction spécialisée, directement liée à la compilation, à la production et à la dissémination de nouvelles à partir de sources en langue étrangère (Palmer, 2008; van Doorslaer, 2010). Tel que signalé par plusieurs spécialistes, la traduction dans la presse n’a pas attiré l’attention qu’elle mérite, malgré son omniprésence et son importance (Bielsa, 2007; Hernández Guerrero, 2009; Valdeón, 2010; van Doorslaer, 2010). En fait, la traduction est continuellement reléguée au second plan et reste presque toujours invisible (Hernández Guerrero, 2005).

Le manque d’attention de la part des chercheurs pourrait être lié à la complexité du corpus. Nous pouvons évoquer d’abord le lien parfois problématique entre le texte source et sa traduction. Lorsqu’il est traduit, le texte source passe généralement par un long processus de transformation et de réécriture, ce qui résulte maintes fois en un nouveau texte adapté au lecteur cible. Ainsi, retracer la source est une tâche parfois très difficile. La traduction, pour sa part, peut prendre diverses formes : elle peut être intégrale, partielle ou, encore, engendrer un texte hybride qui allie traduction stricto sensu de certains passages, discours indirect, résumé et/ou commentaire. Bref, une perspective élargie de la traduction en tant que concept et objet d’étude (Tymozcko, 2007) s’impose lorsqu’on étudie la traduction dans la presse. C’est surtout depuis les années 2000 que ce domaine de recherche a éveillé l’intérêt des traductologues. À titre d’exemple, en 2008 la Routledge Encyclopedia of Translation Studies (Baker & Saldanha, 2008) a inclus une entrée intitulée « News Gathering and Dissemination » (Palmer, 2008) et, deux ans plus tard, le Handbook of Translation Studies (Gambier & Doorslaer, 2010) a introduit l’entrée « Journalism and Translation » (van Doorslaer, 2010).

Dans un contexte officiel de bilinguisme tel que celui du Canada, la présence de traductions dans la presse n’a rien d’étonnant. En effet, depuis l’arrivée des premiers périodiques – le Halifax Gazette en 1752 et La Gazette de Québec en 1764 –, les rédacteurs emploient des journaux étrangers comme source d’information. Là encore, la place de la traduction dans la presse ainsi que le rôle des agents de traduction n’a pas attiré suffisamment l’attention des chercheurs. Quelques traductologues canadiens se sont penchés sur la presse contemporaine du point de vue traductologique, notamment sur la traduction de discours politiques dans la presse (Gagnon 2006, 2010, 2012, 2013, 2014), ainsi que sur la traduction du discours financier dans la presse canadienne (Boulanger, 2017). La presse canadienne ancienne, en revanche, demeure un champ de recherche peu exploré par la traductologie. Hormis quelques articles, les historiens de la presse abordent très brièvement la présence et l’importance de la traduction. Lorsqu’elle est mentionnée, ce n’est que de manière anecdotique. Quelques travaux apportent une contribution importante au domaine de la traduction dans la presse ancienne francophone du Canada (Demers, 1993 ; Delisle, 2016 ; Gallichan, 2010 ; Lebel, 1982 ; Morin, 2006) mais, somme toute, ils se limitent à un panorama de la traduction dans quelques périodiques anciens (particulièrement dans The Quebec Gazette/La Gazette de Québec, Le Canadien et La Minerve), sans toutefois étudier en profondeur la nature de l’activité traductionnelle. Plus récemment, l’étude de la traduction dans La Minerve, l’un des premiers périodiques publiés à Montréal (de 1826 à 1899), fait état d’une présence impressionnante de traductions provenant non seulement d’autres périodiques publiés dans les colonies britanniques en Amérique du Nord, mais de l’étranger (Navarro, soumis). Dans le contexte colonial où prend place La Minerve, l’étude de la traduction permet d’observer le « rapport d’inégalité politique » entre le Canada anglais et le Canada français (Simon, 1989). Cette étude permet également d’observer la façon dans laquelle la traduction s’insère dans le projet politique soutenu par les éditeurs du périodique. La pertinence de l’étude de la presse canadienne sous un regard traductologique, peu importe la période visée, semble être incontestable.

Dans une approche interdisciplinaire (traductologie, histoire culturelle, sociologie, histoire, histoire de la presse, journalisme, entre autres), cette journée d’études se veut une occasion pour réfléchir à la traduction ainsi qu’à son incidence sur les évènements tant historiques que contemporains dans le contexte canadien. Nous invitons des jeunes chercheurs et des chercheurs expérimentés provenant de divers horizons disciplinaires à partager leurs travaux et réflexions sur la traduction dans la presse canadienne, tant contemporaine qu’ancienne.

Bref, les réflexions de cette journée d’études seront menées autour de cinq axes :

  1. Les traductions : S’agit-il principalement de nouvelles étrangères ou de nouvelles provenant de l’autre langue officielle canadienne? S’agit-il de traductions littérales, d’adaptations, de réécritures, etc.?
  2. Les textes sources : Quels sont les textes servant de source d’information et de traduction pour la presse canadienne? Les périodiques provenant de l’étranger représentent-ils une source importante? Quel est le pays et la langue d’origine des textes sources?
  3. Les agents de traduction : Qui sont les traducteurs de la presse canadienne? Quelle est leur formation intellectuelle? Quel est leur profil linguistique? Qui sont les autres agents impliqués dans le processus traductionnel (tels que les différents traducteurs, les éditeurs, les collaborateurs, etc.)? Il est important d’étudier non seulement le rôle du traducteur, mais également du « réseau d’agents sociaux actifs », tel que l’appelle Hermans (1996).
  4. La diffusion de la traduction et ses effets : Quelles sont les idées et les nouvelles véhiculées par la traduction? Quel est l’impact de ces traductions? Quelle est la réaction des différents groupes sociaux face à ces traductions?
  5. Le discours sur la traduction : Qu’est-ce que les rédacteurs disent à propos de la traduction? Peut-on parler d’une conception ou fixation – implicite ou explicite – de l’activité traductionnelle?

Veuillez envoyer votre proposition de communication de 300 mots, en anglais ou en français, avec un résumé biographique de 4-5 lignes, à l’adresse suivante : colloquepressetraductioncanada@gmail.com  d’ici le 9 novembre 2018. Pour toute question, veuillez communiquer avec Aura Navarro (colloquepressetraductioncanada@gmail.com).

11/09/2018 - 17:00